ça y est, il est 19h30, je marche comme un vieux papi. J'ai un mal aux jambes beaucoup plus grand qu'à l'arrivée d'un IM.
retour sur cette journée.
Réveil à 4h30, petit déjeuner et douche pour réveiller le bonhomme. A 5h30 (au lieu des 5h15 prévus), mon chauffeur et épouse, mélanie, prend le volant en direction de Nice. J'ai rdv avec Myriam qui m'a gentillement récupéré mon dossard la veille. Je dois la retouver devant la statue blanche du théatre de verdure. Une petite boule au ventre: sera-t-elle là? un imprévu de dernière minute, ça peut arriver. Plus on se rapproche de la zone de départ et plus la pression monte; les policiers ont fermé toutes les routes. On peut dire merci au GPS qui nous permet de nous faufiler dans les ruelles. Nous arrivons finalement avec 15 minutes de retard et Myriam m'attend pile au rdv. "merci, tu m'enlèves une belle pression". Je m'attache mon dossard, ma puce et Mélanie a réussi à trouver une place pour la voiture. Elle me rejoint et là... petite rigolade. Elle me dit: "tu aurais pu enlever l'étiquette de tes chaussures neuves. Mais non, c'est la puce. A sa décharge, cette puce ressemble beaucoup à une vulgaire étiquette.
Je rente dans le sas de départ 30 minutes avant le départ (ce n'est pas de moi ça...). Je me chauffe tranquillement. Le temps est parfait: 12°C, léger vent d'est.
Le speaker fait monter la pression, annonce 11000 compétiteurs mais nous ne sommes vraiment pas serrés, bizarre (surtout que ce soir en regardant les résultats, j'ai trouvé à peine 7000 à l'arrivée, ça ferait beaucoup plus de 3000 abandons!)
Le départ est imminent, et pour la première fois, peut-être grâce à une préparation sérieuse, je me fixe une allure à ne pas dépasser. Interdit de courir à plus de 12,5 km/h. Lors d'une séance il y a 3 semaines, j'ai fait un semi à allure marathon, j'ai couru cette distance entre 12,5 et 12,8 km/h, j'ai fini le semi bien fatigué avec le sentiment de ne pouvoir tenir la distance sur 42 km.
Donc, aujourd'hui prudence. Je veux enfin faire un marathon plein, sans coup de mou, sans l'envie de jeter l'éponge, sans me poser la question: mais qu'est ce que je fous ici?
Autre donnée importante, j'ai prévu mon ravito personnel pour toute la course: je pars avec mes fioles et mes gels. Je me suis fixé un plan d'alimentation: 1 gel tous les 7 km, ça fait à peu près toutes les 35'.
Boum, c'est le départ. Je pars prudemment pour arriver à mon allure de course au bout du premier km. Je ne me laisse pas distraire par les autres concurrents.
Je regarde ma montre toutes les 30 secondes. Les kilomètres défilent. J'arrive au 5ème km, tout va bien. Je passe le 10ème, parfait! le 15ème, itou. Puis j'arrive à Villeneuve Loubet où le parcours tortueux est propice à perdre son allure avec les changements de direction, les allers retours, le nombre impressionnant de spectateurs. d'ailleurs je croise pour la première fois Stéphane et ses enfants venus encourager Myriam pour son premier marathon.
Je sors sans encombre de Villeneuve Loubet et la première difficulté arrive. Non pas que ça monte mais on se retrouve dans une très longue ligne droite monotone avec au bout l'arche du semi.
Je passe le semi pile dans les temps. Je passe Antibes dans de très bonnes conditions. Depuis le début, aucune lassitude, pas de baisse de régime. Je reste concentré car les 10 prochains km sont difficiles à gérer: des petites côtes, des faux plats montants et descendants puis cette petite descente au bout du cap dAntibes qui casse bien les jambes.
Je passe ce passage sans encombre. Je me disais: "je dois arriver au 30è km en bon état.
Je passe Juan les pins et recroise Stéphane et ses enfants. Je longe la plage, les kilomètres défilent toujours à la bonne allure: entre 12 et 12,5 km. Pas de mur au 30ème. Je suis content, je sens que ma préparation a été bonne.
Mais je sais que je ne dois pas m'enflammer car un marathon est long et surtout il y a les faux plats qui nous attendent avant d'arriver sur Cannes. j'aborde le premier faux plat montant avec plein de motivation car pour l'instant je suis sur les bases de 3h26!!!
Il reste 5 km, je me retrouve avec un coureur, on se motive. A ce moment, c'est la vraie débandade: des coureurs marchent, d'autres courent (enfin essayent), d'autres gardent leur allure, d'autres mettent le turbo. Pour ma part, j'arrive à garder mon allure, je fais attention de conserver une foulée efficace. Je perds un peu de vitesse (entre 11 et 11,5 km/h) mais je suis toujours sous les 3h30. Je vois le bout de ce toboggan géant mais c'est à ce moment que je commence à faiblir. Les jambes sont dures mais j'essaye de rester concentré.
j'arrive au dernier ravito entre le 38 et 39ème km mais il est en plein dans une descente qui achève mes quadriceps. En bas de la côte, l'envie de marcher se fait de plus en plus grande. Le chrono de 3h30 s'éloigne mais je m'interdis de marcher. J'arrive au début de la croisette (km 40), les jambes sont détruites, je cours à 10,5 km et le meneur d'allure de 3h30 me double. Pendant 10 secondes, je serre les dents et me dis: "je reste avec lui". Mais ça a duré 10 secondes, pas plus!
Je finis dans le dur mon marathon, je croise 2 concurrents allongés, un à 800 m, l'autre à 400 de la ligne. Ils n'avaient pas l'air d'être en capacité de la rejoindre.
Je passe la ligne en 3h33'37". Je n'ai pas réussi mon objectif de passer sous les 3h30 mais je suis quand satisfait de ma course: pas de coup de mou, pas de soucis digestif.
Après l'arrivée, c'est encore l'étranglement pour récupérer un ravito un peu léger (bouteille d'eau, barre de céréale, petit pain aux céréales) et plus loin des fruits. J'aurais bien aimé un bon coca, une petite assiette de pâtes commes les années précédentes. Pour montrer mon mécontentement, je décide de faire un petit passage vaseux accompagné de crampes au mollets (j'en ai encore mal maintenant). Heureusement qu'une bénévole m'apportera quelques petits trucs à grignoter. J'ai également envoyé Mélanie trouver un coca: mission accomplie en moins d'1 minute, chapeau!
Au bout de 15 minutes à recharger les batteries, je suis face à un problème insurmontable: je n'arrive pas à me mettre debout. Il a fallu que je m'agrippe à une barrière pour me hisser avec les bras. Il me faudra au moins 15 minutes à pied pour rejoindre la voiture à une vitesse fulgurante de 1km/h...
De retour à la maison, une bonne douche, une petite sieste et petit repas.
J'ai les jambes littéralement détruites, je marche comme un vieux. Mais je suis finalement content de ma journée.
Je peux dire merci aux produits énergétiques VITEFFORT, ils me conviennent parfaitement. Avec mon ventre délicat je crois vraiment avoir trouvé des produits d'une excelllente qualité.
Je peux également remercier mes chaussettes COMPRESSPORT. Elles sont d'un confort sans pareil. Avec elles, je n'ai pas eu 1 seule ampoule. Pourtant je les ai mises à rude épreuve: à l'IM de Nice, les pieds trempés et 5h40 de cap, à Embrun et plus de 3h de cap et aujourd'hui un marathon complet. Pas une seule ampoule!!!
Il y a sûrement d'autres marques qui proposent des chaussettes garanties sans ampoule mais si on choisit des chaussettes COMPRESSPORT on ne saura pas déçu.
Bon, 1 petite semaine de repos bien méritée.